L'arbre et la rivière
4 participants
Page 1 sur 1
L'arbre et la rivière
Laisse flotter le bois à la rivière,
Le bois coupé d'un grand arbre abattu
L'arbre dans le courant plus rien n'espère :
Qu'il file avec délice dans les crues.
Branche tordue portée par le courant
Beau bois de chêne ou bien branche de frêne :
Regarde-le s'enfuir, tourbillonant,
Vers la vallée, la mer ou d'autres peines.
Il emporte avec lui sa belle histoire,
Cercles gravés d'une lente croissance
Sous le soleil, la neige, à la nuit noire,
L'arbre a grandi avec grande patience.
L'arbre et le ruisseau, quel bel l'amour.
Le bois trempe ses racines dans l'eau ;
Puis les bûcherons viennent un beau jour
Couper le bois pour le mettre en fagots.
L'arbre est tombé, le bois est encor' là.
Il peut aller dans l'eau ; nourrir le feu
Ne lui plaît pas, il veut ce voyage-là,
Dans l'eau vive qui le prend dans ses bras.
Et moi je ne veux pas te voir partir
Dans la fureur, les cris de l'incendie.
Bois de peine, bois de chêne, soupire
Ton cœur de bois amoureux de la vie.
Flotte le bois, murmure à la rivière
Tes amours d'oiseaux, tes chansons de vent
Flotte le bois, poussé dans le mystère
File le bois au milieu du courant.
Le bois coupé d'un grand arbre abattu
L'arbre dans le courant plus rien n'espère :
Qu'il file avec délice dans les crues.
Branche tordue portée par le courant
Beau bois de chêne ou bien branche de frêne :
Regarde-le s'enfuir, tourbillonant,
Vers la vallée, la mer ou d'autres peines.
Il emporte avec lui sa belle histoire,
Cercles gravés d'une lente croissance
Sous le soleil, la neige, à la nuit noire,
L'arbre a grandi avec grande patience.
L'arbre et le ruisseau, quel bel l'amour.
Le bois trempe ses racines dans l'eau ;
Puis les bûcherons viennent un beau jour
Couper le bois pour le mettre en fagots.
L'arbre est tombé, le bois est encor' là.
Il peut aller dans l'eau ; nourrir le feu
Ne lui plaît pas, il veut ce voyage-là,
Dans l'eau vive qui le prend dans ses bras.
Et moi je ne veux pas te voir partir
Dans la fureur, les cris de l'incendie.
Bois de peine, bois de chêne, soupire
Ton cœur de bois amoureux de la vie.
Flotte le bois, murmure à la rivière
Tes amours d'oiseaux, tes chansons de vent
Flotte le bois, poussé dans le mystère
File le bois au milieu du courant.
Re: L'arbre et la rivière
Cochonfucius a écrit:... et devient bateau ivre.
Comme je descendais des Fleuves impassibles,
Je ne me sentis plus guidé par les haleurs :
Des Peaux-Rouges criards les avaient pris pour cibles,
Les ayant cloués nus aux poteaux de couleurs.
J'étais insoucieux de tous les équipages,
Porteur de blés flamands ou de cotons anglais.
Quand avec mes haleurs ont fini ces tapages,
Les Fleuves m'ont laissé descendre où je voulais.
Dans les clapotements furieux des marées,
Moi, l'autre hiver, plus sourd que les cerveaux d'enfants,
Je courus ! Et les Péninsules démarrées
N'ont pas subi tohu-bohus plus triomphants.
http://poesie.webnet.fr/lesgrandsclassiques/poemes/arthur_rimbaud/le_bateau_ivre.html
Jeanne ivre
Pendant ma combustion, je devins impassible,
Je ne me sentis plus rôtir dans la chaleur.
Qu'un évêque criard m'eût ce jour eue pour cible
Ne fut rien quand du ciel j'ai rejoint la couleur.
http://lutecium.org/stp/cochonfucius/jeanne-ivre.html
Plus ne chevaucherai en guerrier équipage
Pour tuer des manants ou des barons anglais.
Quand avec la chaleur ont fini ces tapages,
La Seine me laissa descendre où je voulais.
L'eau de Seine a rejoint celle de la marée.
Mon coeur redevient sourd, mon simple coeur d'enfant.
J'oublie cette bataille hier par moi démarrée,
J'oublie mon étendard et mon roi triomphant.
J'oublie aussi tout fief qui n'est pas maritime.
Les angéliques voix sonneront sur les flots,
Et mes prochains combats n'auront pas de victimes.
Les terrestres soldats me paraissent falots.
La profondeur des flots est ma retraite sûre,
Plus douce infiniment qu'une boîte en sapin.
Elle est loin, la prison avec ses vomissures,
Et nul geôlier sur moi ne met plus le grappin.
Aux archanges divins je dédie ce poème.
Qu'ils en versent les mots dans leur coeur lactescent
Et leur esprit d'azur vert, où, flottaison blême
Et ravie, un désir lascif parfois descend.
Car un archange aussi a besoin du délire,
S'il va planant sous les rutilements du jour,
S'il s'enivre d'alcool pour éveiller sa lyre,
Et s'il songe aux rousseurs amères de l'amour.
Ses larmes jaillissant formeront une trombe,
Mais son chagrin jamais ne dure jusqu'au soir :
Il est consolé par le peuple des colombes,
C'est du moins la vision que mon âme a cru voir.
J'ai vu l'archange atteint par le pinard mystique
Dont vacillait soudain le regard violet,
Envahi du remords d'un drame très antique
Et partant se coucher sans fermer les volets.
Par une absinthe verte il eut l'âme éblouie,
Vapeur brûlant dans sa cervelle avec lenteur,
Des galettes ayant des fèves inouïes,
Et les copains buvant des litres de planteur.
Sous l'effet des boissons disant des vacheries,
Ils ont tenu parfois des discours agressifs,
Sans permettre à l'esprit fumeux des otaries
De décrypter pourtant leurs jeux de mots poussifs.
(...)
Archange dont le corps était jadis de braise
Et qui est maintenant ce pauvre insecte brun
Qui rampe sous les lits et qu'on nomme punaise
En raison, semble-t-il, de son mauvais parfum.
(...)
Je ne crains plus le feu ni aucun coup de lame,
Mais j'ai peur de rester comme dans du coton.
Pourquoi à mon orgueil a-t-il fallu ces flammes ?
J'aurais dû épouser un vieux marin breton.
Je ne me sentis plus rôtir dans la chaleur.
Qu'un évêque criard m'eût ce jour eue pour cible
Ne fut rien quand du ciel j'ai rejoint la couleur.
http://lutecium.org/stp/cochonfucius/jeanne-ivre.html
Plus ne chevaucherai en guerrier équipage
Pour tuer des manants ou des barons anglais.
Quand avec la chaleur ont fini ces tapages,
La Seine me laissa descendre où je voulais.
L'eau de Seine a rejoint celle de la marée.
Mon coeur redevient sourd, mon simple coeur d'enfant.
J'oublie cette bataille hier par moi démarrée,
J'oublie mon étendard et mon roi triomphant.
J'oublie aussi tout fief qui n'est pas maritime.
Les angéliques voix sonneront sur les flots,
Et mes prochains combats n'auront pas de victimes.
Les terrestres soldats me paraissent falots.
La profondeur des flots est ma retraite sûre,
Plus douce infiniment qu'une boîte en sapin.
Elle est loin, la prison avec ses vomissures,
Et nul geôlier sur moi ne met plus le grappin.
Aux archanges divins je dédie ce poème.
Qu'ils en versent les mots dans leur coeur lactescent
Et leur esprit d'azur vert, où, flottaison blême
Et ravie, un désir lascif parfois descend.
Car un archange aussi a besoin du délire,
S'il va planant sous les rutilements du jour,
S'il s'enivre d'alcool pour éveiller sa lyre,
Et s'il songe aux rousseurs amères de l'amour.
Ses larmes jaillissant formeront une trombe,
Mais son chagrin jamais ne dure jusqu'au soir :
Il est consolé par le peuple des colombes,
C'est du moins la vision que mon âme a cru voir.
J'ai vu l'archange atteint par le pinard mystique
Dont vacillait soudain le regard violet,
Envahi du remords d'un drame très antique
Et partant se coucher sans fermer les volets.
Par une absinthe verte il eut l'âme éblouie,
Vapeur brûlant dans sa cervelle avec lenteur,
Des galettes ayant des fèves inouïes,
Et les copains buvant des litres de planteur.
Sous l'effet des boissons disant des vacheries,
Ils ont tenu parfois des discours agressifs,
Sans permettre à l'esprit fumeux des otaries
De décrypter pourtant leurs jeux de mots poussifs.
(...)
Archange dont le corps était jadis de braise
Et qui est maintenant ce pauvre insecte brun
Qui rampe sous les lits et qu'on nomme punaise
En raison, semble-t-il, de son mauvais parfum.
(...)
Je ne crains plus le feu ni aucun coup de lame,
Mais j'ai peur de rester comme dans du coton.
Pourquoi à mon orgueil a-t-il fallu ces flammes ?
J'aurais dû épouser un vieux marin breton.
Dernière édition par Cochonfucius le Dim 25 Avr 2010 - 11:46, édité 1 fois
Re: L'arbre et la rivière
Chapeau! Je m' incline...sauf pour le pinard mystique !
bernard1933- Aka Tpat
- Nombre de messages : 10079
Localisation : Dijon
Identité métaphysique : agnostique
Humeur : serein
Date d'inscription : 23/03/2008
Re: L'arbre et la rivière
Pas mal du tout ! Même le pinard mystique ! Tu devrais le mettre sur le blog, ça fera un deuxième pastis de Rimbaud :
http://evasions.poetiques.free.fr/wordpress/?p=300
http://evasions.poetiques.free.fr/wordpress/?p=300
Re: L'arbre et la rivière
Oui, j'ai vu. Moi je viens de rassembler tous les morceaux d'Alice. C'est pas trop schizo.
Re: L'arbre et la rivière
Tiens, bonjour Cochonfucius, tu m'as fait retrouver un texte que j'avais écrit ici mais pas gardé dans mes papiers. je ne m'y attendais pas ! Serait-ce un intersigne ?
- Spoiler:
- Ben oui, je pensais justement à toi.
Re: L'arbre et la rivière
Reviendrait-on toujours à ses premières amours?
JO- Seigneur de la Métaphysique
- Nombre de messages : 22786
Localisation : france du sud
Identité métaphysique : ailleurs
Humeur : paisiblement réactive
Date d'inscription : 23/08/2009
Re: L'arbre et la rivière
bonjour, Babylon.Les affinités électives ...
JO- Seigneur de la Métaphysique
- Nombre de messages : 22786
Localisation : france du sud
Identité métaphysique : ailleurs
Humeur : paisiblement réactive
Date d'inscription : 23/08/2009
Page 1 sur 1
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum